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Lady Pénélope

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Düsseldorf : fashion, art & design

Si Milan est, à juste titre, considérée comme la capitale italienne de la mode, il semble que Düsseldorf remporte ce titre concernant l’Allemagne.
Me voici partie à la découverte, improvisée certes, de cette métropole de la Ruhr dont j’avais plus entendu parler pour son industrie lourde que pour ses trésors culturels.

Fatale erreur que de négliger de telles merveilles. Question mode, rien ne manque. La Königsallee offre toutes les enseignes que l’on peut espérer, de Gucci à Escada, en passant par Prada ou Bögner. Dans un autre esprit, on trouve également American Apparel, Joop!, H&M ou encore COS tout à côté. Mais au-delà des boutiques, Düsseldorf accueille les showrooms de ces enseignes, ainsi qu’on les aperçoit à travers les baies vitrées des nouveaux bâtiments.

Car le vrai choc a été la découverte d’une architecture faite de verre et d’acier, en particulier Medienhafen, l’ancien port industriel de la ville. Aujourd’hui, s’y déploient tours de verre, façades étranges ou encore hôtels de prestige plus impressionnants les uns que les autres.
 
Ainsi le Colorium de Hartmut Ibing ou encore la façade du Roggendorf-Haus de Norbert Winkels et les personnages improbables de Rosalie.


 

Il y a évidemment une partie plus ancienne, où la vie nocturne fait fi des contingences météorologiques. Jusque tard (très tard), on peut y prendre un verre, dîner ou simplement se promener dans les ruelles pavées ainsi que me l’a confirmé mon guide. Pour preuve que la ville conjugue confort et esthétique, même le design des toilettes publiques n'est pas laissé au hasard.

Enfin, parmi les petites merveilles que les autochtones vous font généreusement découvrir, notons la fresque murale du hall de la Faculté de Médecine, sur le thème des Brushstrokes et réalisée en 1970. Celle-ci est signée Roy Lichtenstein, l’un des artistes essentiels du pop art (rien que ça) et dont les œuvres s’inspirent principalement des comics. Drôle d'endroit pour une expo, mais chut, ne le répétez pas…
Tendances

So… Rykiel

Au pays de la maille, je demande la Reine du Tricot et je trouve Madame Sonia. Ce n’est pas moi qui le dis, mais le magazine américain Woman’s Wear Daily en 1968.

En plein mois de mai de la même année, la rue de Grenelle a en effet accueilli la première boutique de celle par qui le pull over allait devenir un objet culte. Une révolte ma Reine ? Non, une révolution.
La maille selon Sonia, c’est la rayure, le strass, la maille déjaugée (que l’on travaille de plus en plus large pour obtenir un effet évasé sans augmenter le nombre de mailles), les coutures apparentes, les messages écrits sur le pull… Bref, celui-ci n’est plus un simple vêtement sensé tenir chaud mais la pièce emblématique de la garde-robe sexy.

La femme Rykiel se veut libérée (n’oublions pas les fameux sex-toys que Carrie et ses copines ont découverts à Paris) et depuis plus de 40 ans la maison du boulevard Saint-Germain travaille à l’accompagner dans cette voie. Indépendante aussi, comme cette marque qui appartient à une famille qui ne fait pas de concessions aux grands groupes financiers. Chez Rykiel, la mode est une affaire de famille, ou même de «femm’ille». Si Madame Sonia demeure l’âme de la société, sa fille Nathalie joue un rôle essentiel depuis plusieurs années, en particulier depuis la naissance du parfum Rose (2000).

Moderne Rykiel ? Toujours et encore. Pour preuve, depuis septembre dernier vous pouvez découvrir le blog de Nathalie Rykiel, alias Dita du Flore sur www.rykielles.com. A l’heure où le blog devient l’espace d’échange et de communication absolu, la maison de couture de la Rive Gauche répond présente. Les coups de cœur de Sonia (tels les livres que jusqu’ici elle intégrait dans ses vitrines), les images des défilés, les expos, concerts et autres manifestations, tout l’univers Rykiel est à portée de clic.


Un petit détail encore. La collaboration de Nathalie Rykiel avec le géant H&M déclenche les passions : une ligne de lingerie disponible dès décembre 2009 ou encore le lancement de la collection «maille» en février prochain dans certains points de vente H&M triés sur le volet. Certains esprits chagrins font remarquer que la maison Rykiel arrive bien après Monsieur Karl et Madonna (ou encore Jimmy Choo pour les chaussures) qui les premiers se sont lancés auprès du grand public. Ceux-là oublient sans doute que, dès 1977, Madame Sonia avait créé plusieurs modèles en partenariat avec le catalogue des 3 Suisses, une première dans le monde de la VPC…

En matière de modernité, qui dit mieux ?

Ecrans & toiles

La Sain(t)e Victoire

Lundi 2 novembre, avant-première de La Sainte Victoire, le long métrage de François Favrat. A réception de l’invitation, c’est la curiosité qui m’a poussée à me laisser tenter. Songez, Jacquouille la fripouille opposée au héros du Serpent, ou encore Astérix « canal historique » face à Astérix « canal héréditaire », tout était possible.

Le pitch : un ancien gosse de cité, dont le seul rêve est de devenir « bourge », devient le coach d’un député en mal de mairie. A coups de sponsoring plus ou moins légal (pour ne pas dire super limite), il fait élire son poulain et se voit confronté aux aléas du renvoi d’ascenseur…

En fait, une très belle surprise. Xavier espère un petit (gros) merci mais n’est cependant pas un opportuniste sans morale aucune. Vincent (Clavier tout en mesure, inattendu et déroutant) ne veut pas « de ces méthodes là« , prône une « politique propre » et va jusqu’à refuser tout geste mal-interprétable. Il doit pourtant, malgré ses grands principes, se plier au jeu des influences politiques. Yacine, l’ami d’enfance écoeuré par le système, finit même par retrouver un semblant d’idéalisme. Là où on attend le bon, la brute et le pourri on s’aperçoit que rien n’est blanc ou noir, que chacun joue avec les cartes qu’on lui donne et doit parfois se coucher faute d’avoir la main.

Je craignais une énième comédie à grosses ficelles. La recette est plus complexe : on rit, certes, mais il y a du film politique ou du thriller. On n’est pas toujours tendre au pied de la Sainte Victoire et certaines méthodes font des clins d’oeil au grand banditisme d’Olivier Marchal. De même, on ne néglige pas l’histoire d’amour-impossible-mais-pas-tant-que-ça, french touch oblige.

Cornillac est excellent, comme souvent ; je pourrais presque dire toujours car je lui pardonne ses infimes erreurs de parcours tant il en a encore sous le pied pour la suite. Clavier se révèle touchant et agaçant avec sa candeur de député sincère (ça se dit ça ?) et ses refus du compromis qui l’amènent à la triste réalité qu’on est jamais si bien trahi que par les siens. Les seconds rôles sont meilleurs les uns que les autres, de Valérie Benguigui en écolo non-hystérique à Sami Bouajila en ami de toujours désabusé, en passant par Michel Aumont, just perfect dans l’ignominie et évoluent dans une mise en scène qui leur fait, à juste titre, la part belle.

« Seule la victoire est jolie » disait Michel Malinovsky à l’arrivée de la Route du Rhum en 1978. La victoire, oui, mais après, pour en faire quoi si on n’est pas libre ?

Le film sort le 2 décembre, courez y.
Ailleurs

Douceur lyonnaise

Qui dit Lyon, dit bouchon. Je devrais plutôt dire bouchons puisqu’il convient de ratisser large, du tunnel sous Fourvière (sérieusement bien placé au classement mondial de l’agacement autoroutier) aux innombrables petits restaurants du même nom.
Ceux-ci regorgent de salaisons en tous genres, bouilli (alias pot-au-feu), cervelle de canut (pas de panique, c’est du fromage blanc assaisonné…), andouillettes et autres tripes, tablier de sapeur (version panée et frite de la tripe) ou encore quenelles (mes préférées)…

Bref, à Lyon, on mange bon. Mais passons du côté sucré de la force, là où se côtoient bugnes (délicieux beignets de la période de Carnaval) et papillottes aux emballages dorés. Ma madeleine de Proust made in Lyon s’appelle le Coussin. Rien d’étonnant au pays des soyeux.

Kezako que ce coussin là ? Une spécialité verte, faite de ganache cacao et curaçao, et de pâte d’amandes blanchies, imaginez… Vous y êtes ? C’est encore mieux que ça… Créée par le maître chocolatier Voisin vers 1643 au moment de l’épidémie de peste, cette douceur a depuis gagné ses lettres de noblesse et est désormais classée au Patrimoine National de la Confiserie, c’est dire…

Soucieuse de préserver la qualité et la rareté de sa merveille, la famille Boucaud est la seule détentrice de la recette originelle et seule autorisée à la commercialiser. La distribution du précieux coussin s’effectue ainsi à travers un réseau sélectionné qui m’amène à chercher, tel le Graal, un établissement propre à satisfaire mon péché de gourmandise.

J’avoue une addiction aux macarons Ladurée (bien qu’un récent billet m’a fait frissonner d’angoisse, il faudra que je creuse sérieusement cette question d’ailleurs) mais le coussin de Lyon trouve sa place à mon Panthéon des délices sucrés.
Bientôt les fêtes de fin d’année et autant d’occasion de se laisser tenter (oups, Lady Péné se cherche des alibis alimentaires, miss Méca’ ne va pas en croire ses yeux)…

Où les trouver ? C’est par ici…

Tendances

Lady Pénélope is Douce Amère

Novembre approche. Il est plus que temps de remiser définitivement les vêtements estampillés Printemps-Eté au profit des pulls à col roulé, écharpes, manteaux, bottes et autres accessoires anti-froidure.

Un autre bouleversement accompagne cette transhumance été-hiver, celui du parfum. Il y a quelques années maintenant que le changement de saison s’accompagne d’une modification de mes préférences olfactives. Si l’été est le temps des eaux fraîches en tous genres, de fragrances légères et aériennes, je m’autorise des senteurs plus soutenues, voire capiteuses quand le thermomètre s’effondre.

Depuis 1992, les Salons du Palais Royal de la maison Shiseido abritent les trésors de Serge Lutens, un génie. Dès 1968, ce dernier a collaboré durant 12 ans avec la maison Christian Dior jusqu’à lancer une marque qui porte son nom. Ainsi, en avril 2000 naissent 5 fragrances : Ambre Sultan, A la Nuit, Sa Majesté la Rose, Arabie et Douce Amère. A l’occasion, il faut ab-so-lu-ment visiter ce temple de la création, une pure merveille pour les sens.

C’est ce dernier qui m’accompagne durant les journées d’hiver depuis plusieurs années, suite à un véritable coup de foudre.
La petite histoire veut que Douce Amère a été inspiré à l’artiste par une plante mélangée traditionnellement au thé marocain, l’absinthe, aussi appelée chiba ou encore "fée verte" et qui pousserait, parfois, vers la folie…

On peut être surpris par la forte présence de l’anis au départ. Mais, comme tous les Lutens, et c’est l’une de leurs multiples particularités, il s’agit de "parfums de peau", travaillés avec des essences et des concentrations exceptionnelles qui prennent toute leur dimension au contact de l’épiderme. C’est pourquoi, très rapidement, il devient sucré et me fait penser à la douceur de la cacahuète grillée, au "chouchou" de mon enfance…
Oui, l’hiver approche, il ne s’agit pas d’une considération météorologique (pas assez fiable) mais bien d’une certitude olfactive, Douce Amère est de retour et, avec elle, une sérieuse envie de gourmandise.
Site officiel de Serge Lutens

Comme tout parfum, il s’articule autour de 3 notes. Parlons technique : la note de tête, absinthe, anis et cannelle, la note de cœur, tiaré, jasmin et lys et enfin la note de fond, vanille, musc et cèdre. Tout cela crée un parfum à la fois floral et chaud.

Ecrans & toiles

A Neuilly c’est permis !

A trop tergiverser sur le choix du film, on arrive en retard au cinéma. Voilà comment je me suis retrouvée à choisir, en ultra-dernière minute, entre Le petit Nicolas et Neuilly sa Mère. Le premier ne m’ayant pas laissé un souvenir suffisamment impérissable pour une seconde couche, je me suis rabattue sur le second, sorti il y a déjà un moment, non sans un a priori. Encore un énième film sur l’opposition banlieue vs quartiers chics, mais maintenant que j’y suis…

Un démarrage un peu laborieux, qui s’amorce sur un monologue longuet, est chargé de nous expliquer comment et pourquoi Sami se retrouve propulsé à Neuilly sur Seine. Certes, on n’évite pas les passages obligés, les comparaisons alimentaires, vestimentaires ou de vocabulaires. Oui, l’intégration à Neuilly sur Seine, capitale du 9-2 ne s’avère pas aisée pour le gamin de la cité Ravel de Chalon. Oui, être le beur de service, estampillé Monoprix par des garnements fortunés, est des plus inconfortables. Mais le bonhomme s’en sort bien et, je vous rassure, finira par retrouver sa belle à la fin.

L’intérêt n’est pas là. Tout d’abord, le cousin Charles, s’avère un mini-Sarkozy (il a décidé de devenir Président de la République et puis c’est tout, na) extrêmement prometteur. La directrice de l’école Saint–Exupéry (Josiane Balasko, très en forme) martèle un « travailler plus pour réussir mieux » qui nous rappelle quelque chose. Pour ceux qui se risqueraient à l’oublier, on ne coupe pas sa salade avec son couteau (pour info, ça oxyde l’argenterie). En gros, ce Neuilly serait une espèce de Sarkozy-Land où chaque môme perçoit un manuel UMP au berceau… Au final on obtient une caricature, gentillette mais efficace, ponctuée des chansons de Carlita.

Cependant, si on y regarde de plus près, le scénario est truffé de clins d’œil que les moins de 25 ans ne peuvent pas connaître. Le best : une réplique de Charles, coincé à l’hôpital et qui chouine consciencieusement sur son pauvre petit sort : «je suis un looser, je suis comme Balladur». Derrière moi, deux jeunes filles qui s’esclaffaient devant chaque mot plus ou moins drôle et qui, devant cette réplique ont cet échange surréaliste : «Il a dit quoi ?» – «Je sais pas de quoi il parle, c’est même pas drôle». Ben oui, un clin d’oeil qui remonte à quelques années mais ceux qui l’ont vécu s’en souviennent…


Bref, pas le film de l’année mais un vrai bon moment de bonne humeur, des comédiens sympathiques et inspirés (dont Denis Podalydès, toujours excellent), un film pavé de bonnes intentions : pourquoi pas ?
La vie...

Sébastien Loeb, superchampion !

25 octobre 2009, rallye de Grande-Bretagne, Sébastien Loeb, 35 ans, gagne sa 54ème victoire et aligne un 6ème titre consécutif de Champion du Monde WRC. Rien que ça !

Je ne vous l’ai peut-être encore jamais dit, mais j’adooore les sports mécaniques. Il y a quelques années, la Formule 1, du temps des Prost, Senna et autres Niki Lauda (oui, je sais ce n’est pas d’hier mais bon, c’étaient des dieux du volant), n’avait pas de secrets pour moi. Mais la surenchère de technologie et de business m’a un peu gâché mon plaisir. Je me suis alors intéressée de plus près aux rallyes et au ch’tit français qui y faisait son trou.

En 1999, Sébastien Loeb, accompagné de son inséparable et super-efficace copilote «historique» Daniel Elena, entament une carrière qui s’annonçe époustouflante. En effet, outre le fait qu’il est considéré (à juste titre) comme le meilleur pilote de l’histoire des rallyes, notons qu’il est fidèle en amitié, loyal avec ses adversaires, reconnaissant à son écurie, proche de sa famille et sérieusement sympathique ainsi qu’il m’a été donné de le constater de mes propres yeux et oreilles il y a quelques années.

6 titres consécutifs donc. Il a ainsi annoncé, dès sa descente du podium, que celui-ci était «le plus beau». Il est vrai que vendredi, au départ de la première épreuve, rien n’était acquis car il fallait devancer Mikko Hirvonen d’un pauvre petit point pour gagner le trophée. Et ce petit point, il a fallu aller le chercher !

Pour ma part, je garde un souvenir spécial de la fin de la saison 2006. A quatre grands prix de la fin du championnat, Loeb se casse l’humérus lors d’une sortie à VTT (comme quoi guidon et volant ne se pilotent pas de la même manière, à chacun sa spécialité !). Forfait pour la fin de la saison, il ne peut que suivre les tentatives désespérées de Marcus Gröholm pour remonter son retard de points. Au final, nanti d’une confortable avance de points, il est déclaré Champion du Monde pour la troisième année consécutive alors qu’il est chez lui, en famille. Une victoire dans un fauteuil, au propre comme au figuré…

Bref, aujourd’hui, Séb’ est le plus fort et n’est plus qu’à un titre d’égaler Michael Schumacher en F1 (oui, je sais j’ai dit que j’avais un peu décroché, mais je suis quand même…).

Certes, le championnat WRC est moins médiatisé que la F1, mais nul doute que les fans, ceux de la première heure et les nouveaux, seront derrière le duo Loeb-Elena à partir du 10 février 2010 pour le rallye de Suède. En tous cas, votre Lady Péné y sera ! Encore bravo !