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Lady Pénélope

Ecrans & toiles

Un café au paradis

Dimanche, c’est journée ciné. Je suis allée voir Le Concert de Radu Mihaileanu qui est une vraie réussite. Un ancien chef d’orchestre condamné à faire le ménage depuis 30 ans se lance le pari fou de jouer à Paris avec les membres de son Bolchoi « historique ». Une entreprise certes musicale mais surtout une épopée entre théâtre du Chatelet et siège du PC à Paris. Je ne suis pas une grande fan de Mélanie Laurent mais elle m’a agréablement surprise. Les autres comédiens, au premier rang desquels Aleksei Guskov sont à la fois drôles et touchants. La musique de Tchaikovski accompagne le tout, bref, un bon moment de cinéma.

Maintenant, le plus important, il faut préciser que j’étais dans de (très) bonnes dispositions dès le début de la projection. Celle-ci avait été précédée par la diffusion de la dernière pub Nespresso. Dernière, on pourrait presque dire « ultime » puisqu’il ne s’agit de rien d’autre que de la mise en scène du décès brutal (une chute de piano ne saurait être qualifiée autrement) de notre idole et je parle ici autant au nom de Mademoiselle Mécanique que de Lady Penny. L’ami George se retrouve ainsi ad patres, devant argumenter, comme beaucoup doivent essayer dans la même situation, pour être certain qu’il ne s’agisse pas d’une regrettable erreur de calendrier. En face, un John Malkovich excellentissime, qui malgré la certitude de tenir à jour ses registres d’entrées au Paradis, n’est pas contre un petit arrangement entre amis…

Encore une fois, un presque court-métrage qui régale le public. Oui à George, oui à John, oui au violon de Tchaikovski, oui au piano de George et oui je suis super bon public quand il s’agit de môssieur Clooney. Que voulez vous, on ne se refait pas.
Mais surtout, le meilleur café du monde dépend de la personne avec qui on le savoure.

Tendances

Staracademy(politi)ciens

Trop d’humour tue l’humour. Au même titre il semble aujourd’hui clairement établi que trop de communication tue de la même manière la communication. Au dela de la question politique qui n’est pas notre propos, le lipdub (« vidéo réalisée en plan-séquence et en play-back par des collaborateurs en milieu professionnel et généralement destinée à être diffusée sur Internet ou autres réseaux », selon Wikipédia) fait fureur ces derniers temps.

Dernière réalisation, le clip des jeunes de l’UMP pour 2010 qui depuis quelques jours déchaîne les commentaires et même les passions…

Des politiques qui chantent, cela n’a rien de nouveau. Déjà Bernard Tapie, en son temps, poussait la chansonnette au côté de Doc Gyneco. Un journaliste demandait récemment à Florence Foresti pourquoi elle ne traitait jamais de politique, comme notamment Nicolas Canteloup. Elle avait alors joliment répondu qu’en matière de comique elle n’avait rien à leur apprendre. Tout était dit.

Pour le plaisir des yeux, si ce n’est des oreilles, je vous laisse apprécier en connaisseurs :

LipDub Jeunes UMP 2010 – Officiel

Mots & notes

Y’a bon San-Antonio

Ne pas avoir de TV pose le risque de se voir coupée du monde extérieur, désocialisée, inapte à converser des sujets ordinaires, à l’abandon… Point de Dr House, de Cold Case, de Martin Scorsese ou de énième diffusion de Ghost (Patriiick !). Aargh, rendez-moi ma connexion ! Mais cette situation entraîne des dégâts collatéraux surprenants.

Outre les échanges sur Facebook, la préparation de bricoles gastronomiques évidemment hypercaloriques sur le thème de Noël, le rangement méthodique d’un dressing surpeuplé ou l’engloutissement de macarons achetés rue Bonaparte, mon jeûne télévisuel m’a permis de retrouver le plaisir de lire. Plus particulièrement, j’ai déniché, abandonnés dans un carton oublié depuis le dernier déménagement, plusieurs volumes des enquêtes du commissaire San-Antonio. Le héros de Frédéric Dard a eu très tôt toute ma sympathie. Bien qu’il affiche un machisme forcené et une consommation quelque peu excessive de jeunes filles (pas souvent) de bonne famille, je me régale depuis longtemps des ses aventures.

Antoine San-Antonio apparaît en 1949 dans le volume Réglez lui son compte ! (si d’aventure quelqu’un avait la généreuse idée de m’indiquer où je peux me procurer ce Graal, qu’il n’hésite pas à se mettre en contact avec moi). Par la suite, ce sont près de 175 titres qui constitueront une collection complète. Je préfère passer sous silence les tentatives désespérées (et désespérantes) d’adaptation au cinéma, Gérard Lanvin et Gérard Depardieu n’ayant pas suffit à éviter le désastre.
Avec San-Antonio, Frédéric Dard ne se limite pas à raconter des enquêtes. Un langage propre, des villes aux noms étranges et surtout une galerie de personnages extraordinaires constituent un véritable univers. Car ce commissaire a un monde bien à lui, peuplé d’amis improbables au premier rang desquels l’inspecteur Alexandre-Benoit Bérurier, natif de Saint Locdu le Vieux et adepte d’un vocabulaire certes ordurier mais néanmoins distrayant. Il côtoie également Berthe Bérurier (l’heureuse épouse d’Alexandre-Benoit, tendrement appelée la Baleine ou Bertaga), le coiffeur Alfred (amant perpétuel de Berthe), l’inspecteur Pinaud (le Débris ou Baderne-Baderne), MarieMarie, nièce de Berthe et amoureuse perpétuelle de San-Antonio, Achille (le Tondu, chef de la Police), Toinet, son fils adoptif, sa Félicie de maman adorée, le scientifique Mathias, l’inspecteur Jérémie Blanc, ancien employé des services de propreté de Paris…

Question vocabulaire, la source est intarissable, inspirée de l’argot certes mais riche de néologismes, jeux de mots et autres expressions savoureuses et qui a donné naissance au Dictionnaire San-Antonio de Serge le Doran, paru en 1993, outil indispensable pour qui se régale de cette lecture. Tout est répertorié, les noms communs, les noms de lieux mais également quelques feuillets roses, dédiés au sujet de prédilection du sémillant commissaire, les femmes…

Bref, je n’irai pas jusqu’à remercier les hautes autorités téléphoniques pour leur incompétence notoire mais à toute chose malheur est bon. J’ai retrouvé mon Antoine.

«Si un jour votre grand-mère vous demande le nom du type le plus malin de la Terre, dites-lui sans hésiter une paire de minutes que le gars en question s’appelle San-Antonio» : première phrase du premier volume : tout un programme…
Tendances

Cougar & Co

Accro aux séries TV, les hasards de la toile m’ont guidée vers la série Cougar Town avec Courtney Cox Arquette dans le rôle principal. Une jeune quadra, récemment divorcée, ne chasse que de jeunes amants de 25 ans maximum. Quid de la cougar ? Depuis un bon moment le débat fait rage aux Etats Unis où les cougars ont trouvé leur icône en Demi Moore, la quarantaine radieuse auprès de son Ashton Kutsher de mari.
Ainsi, il semble que la cougar soit une femme indépendante, autonome financièrement, libre d’une union précédente, mère de plus ou moins grands enfants, (souvent) adepte du botox mais qui surtout ne fréquente que des hommes sensiblement plus jeunes qu’elle. Une petite dizaine d'années constitue l’écart standard de ce type de relation.

N'oublions pas la puma, "seulement" trentenaire, une débutante en quelque sorte. L’ancienne partenaire de Courtney Cox Arquette, Jennifer Aniston sera ainsi à l’affiche très prochainement d’un film sur le sujet, Pumas, tout un programme… Les ex-Friends seraient-elles des cougars en puissance ?

 

 

Depuis que le phénomène touche généreusement nos chers people, il alimente conversations, articles, blog et forums. La bible de miss Méca’ a récemment traité du sujet dans sa rubrique Guide Cultur’Elle (num 3332 du 6 nov dernier, pour celles qui, comme moi, ne jettent rien). Sont citées en exemple Madonna (50 ans) et Jesus Luz (22 ans), Dita Van Teese (37 ans) et Louis-Marie de Castelbajac (26 ans) auxquelles j’ajouterai Claire Chazal (53 ans) et Arnaud Lemaire (36 ans) ou encore Amanda Lear (70 ans environ) et Manuel Casella (28 ans).

 

 
 
 
 
 
Votre Lady Péné’, (vous savez, l'incurable romantique qui veut croire au Prince Charmant, pfff…), a envie d’y voir une autre explication. Et si la love story n’avait pas d’âge, qu’il s’agisse de Roméo et Juliette, Demi Moore et Ashton Kutcher ou encore Robert Redford et sa jeune épouse Sibylle Szaggars (qu'à peine 20 petites années séparent), Harrison Ford et Calista Flockhart (respectivement 66 et 45 ans) ? Qui aime ose. Enfin !

Pour finir, personne n’a oublié Dalida et Il venait d’avoir 18 ans : cougar avant l’heure, peut-être, mais éternelle amoureuse surement.

 

Quelques remarques en vrac. Le terme cougar a de quoi en effrayer plus d’un mais le terme a été élu Buzz Word en 2007 par Time, rien de moins, d'où l'adoption de son orthographe anglo-saxonne… D’autre part, depuis toujours on a vu des femmes plus jeunes au bras de messieurs considérablement plus âgés ce qui ne déchaine pas tant de commentaires. Certains en appelleront à une "logique démographique", d’autres tout simplement à un équilibre des rapports hommes-femmes. Mais quelle que soit la raison, il semble qu’aujourd’hui les choses changent.

La vie...

Fin de partie

Encore une ! Après Fabrice Santoro et Laure Manaudou, c’est aujourd’hui Amélie Mauresmo qui raccroche la tenue. Adieu, raquette, balles jaunes et jupette. A 30 ans, la première numéro 1 mondiale française a décidé d’arrêter sa carrière tennistique. Quand on pense que c’est devant la finale Noah-Wilander (info pour les plus jeunes : c’était en 1983 à Roland Garros) qu’est venue la vocation, il y a de quoi laisser nos marmots devant le petit écran !

Mais revenons à Amélie. Une Fed Cup en 2003, la médaille d’argent aux JO d’Athènes en 2004, une victoire à Melbourne en 2006, une autre à Wimbledon en 2008 : la demoiselle affiche un très beau palmarès. Des esprits chagrins déplorent une faiblesse chronique sur la terre battue de Roland-Garros. Il est vrai que ce tournoi lui a toujours résisté, entamant régulièrement son énergie. Et alors ? Je me permets de rappeler à ces même grincheux que le sublime Roger Federer a du attendre cette année pour, enfin, gagner le trophée des mousquetaires. Il n’en est pas moins un dieu vivant du tennis. (Je m’emballe ? Ah bon. C’est pas grave, il le vaut bien).

Des blessures, des passages sans motivation, des critiques inutiles concernant sa vie privée (dont personne ne devrait se soucier puisque justement « privée »), autant de raisons qui marquent un ras le bol et une envie de passer à autre chose. Merci Amélie pour nous avoir fait trembler et avoir rappelé que le tennis français ne se conjugue pas qu’au masculin.

2009 et le sport ce sont donc les jeunes retraités. Mais l’année se termine également sur l’affaire de « la main » de Thierry Henry. Je rejoins miss Méca’ lorsqu’elle demande de ne pas oublier qui est notre Titi national. OK le geste était certes inapproprié, maladroit ou encore générateur de carton mais l’arbitrage est ainsi fait et le joueur est un être humain. Ne jetons pas bébé avec l’eau du bain et ne cachons pas une carrière exceptionnelle derrière un épisode isolé. Titi, n’oublie pas qu’Orange Mécanique et Lady Pénélope sont là !

Un bémol néanmoins, tout n’est pas si noir dans le sport made in France. Je me permets de revenir un instant sur le sixième titre consécutif de notre Sébastien Loeb national. Pas de blague Seb’, ne raccroche pas avant d’avoir aligné (au moins) le septième !

Fabrice, Laure, Amélie, Fabrice, Thierry, Sébastien et tous les autres, que vous soyez « d’active », en pré-retraite ou en congé de maternité, vous continuez à nous faire rêver.
Tendances

Lacroix, le mot de la fin

Mardi 1er décembre 2009, le Tribunal de Commerce de Paris statue sur le sort de la maison Christian Lacroix. Malheureusement, la nouvelle est mauvaise et scelle le destin de la griffe de haute-couture et de prêt-à-porter. Celle-ci va fermer définitivement ses portes et cesser son activité, faute de repreneur. Les candidatures ont toutes été rejetées, faute de garanties. Une dernier espoir subsiste, mais l’affaire reste sérieusement compromise…

C’est la fin d’une aventure commencée en 1987, quand le groupe LVMH avait misé sur le couturier avant de revendre la marque au groupe Falic en 2005. Quelques «produits dérivés» seront certes épargnés par le séisme mais pour les quelques 100 employés qui vont perdre leur emploi, il s’agit d’un véritable drame.

Christian Lacroix en tant qu’image forte de la mode en France, c’est fini. La marque va survivre «sous licence», à travers ses produits dérivés, parfums et accessoires, libre d’être exploitée pour toutes sortes d’articles qui n’auront jamais été créés par le maître de la maison.
Celui-ci, absent à l’audience, n’a pas fait de commentaire mais avait déjà fait part de son inquiétude pour son précieux personnel, au cas où le pire se produirait. Une dizaine de personnes continuera à travailler sous ce nom, mais c’en est terminé de la couture selon CL.


Le couturier nous émerveillera encore à travers ses costumes pour le théâtre ou ses décors d’hôtel, mais il est bien triste de devoir désormais effectuer un trajet en TGV pour apprécier sa créativité. Je resterai fan de ces modèles colorés, voire baroques, qui apportaient toujours un souffle de gaité. Même quand le noir ou les teintes sombres tentaient d’investir les dressings, Christian Lacroix les réhaussait de pierreries, de broderies ou de surpiqures et refusait la sinistrose. Ce n’est hélas pas la première fois que business et mode démontrent leur incompatibilité, mais il semble malheureusement que les mêmes causes continuent à produire les même effets…
La vie...

Chriskindelsmärik édition 2009

Samedi 28 novembre à Strasbourg. La place Kléber est noire de monde et petits et grands attendent avec impatience l’éclairage du grand sapin qui marque l’ouverture officielle du Marché de Noël. Celui-ci n’est rien de moins qu’une véritable institution, qui se tient depuis 1570.
Petits chalets où l’on trouve sujet de bois, boules de verre ou de porcelaine, décorations de Noël, stands de gaufres et friandises de toutes sortes, vin chaud (aux recettes plus ou moins traditionnelles…) : la ville entière se met à l’heure de Noël, pour plusieurs semaines.

 

Le Carré d’Or, au pied de la cathédrale, propose toutes sortes de merveilles : les nounours de chez Yvonne, les lustres Baccarat qui illuminent la rue des Hallebardes, les gâteaux sur la façade d’une pâtisserie, la musique qui accompagne les décorations.

 

 

Depuis plusieurs années, et suite à une campagne marketing digne de chez Disney, ce marché multi séculaire est devenu un passage obligé, au même titre que la Tour Eiffel. Le nombre des TGV a considérablement augmenté (pas loin du rythme d’une station de métro comme observé vendredi et j’exagère à peine…) et plusieurs millions de Noël-en-Alsace-addicts sont attendus. Certes, les retombées économiques sont importantes, très importantes. Mais pour qui a connu cette période quand le business qui l’entoure n’avait pas encore atteint ce niveau, l’effet «Christmas-Park» est impressionnant.

Je ne vais pas pousser plus loin la minute rabat-joie car ce n’est pas le sujet du jour.

Le grand sapin est superbe (haut de 28 mètres cette année), les rues sentent bon les marrons chauds, les gamins de 4 à 99 ans se promènent le nez en l’air sous les illuminations.

 

A Strasbourg, Noël ne se limite pas à quelques jours de fête familiale, c’est tout décembre qui prépare le jour de l’arrivée du monsieur en rouge. Cette année encore, tout est réuni pour que grands et petits soient prêts à le recevoir !