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Kristin Scott-Thomas

Ecrans & toiles

Partir avec Sergi Lopez

Pas d’inquiétude, je ne me suis pas aventurée en zone non civilisée pendant quelques semaines. Mais comme le fumeur qui s’essaie à un tabagisme ultra modéré pendant ses congés histoire de ne pas enfumer ses enfants, amis, famille ou autre, je m’étais éloignée des salles obscures pendant les vacances. Un mini sevrage en somme.
Peine perdue, rentrée depuis quelques heures je me suis rendue vers mon cinéma de prédilection. Aucune volonté je vous dis…

Surtout quand l’envie de voir Kristin Scott-Thomas déchirée entre Yvan Attal et Sergi Lopez est la plus forte.

Point de départ : Suzanne, quarantaine éblouissante, mariée au beau docteur, maman de deux enfants a priori sans problèmes (une vraie pub cette famille) reprend son activité de kiné et se fait aménager un cabinet dans la petite maison au bout du joli jardin. Parfait. L’affaire se gâte quand arrive le loup dans la bergerie, oups, le beau maçon sur le chantier.

Au mari, délicat comme une tronçonneuse («tu sais ce qu’il m’a couté ton cabinet, 30 000€, alors que tu n’as jamais rien fait de ta vie, il te faut quoi de plus ?»), s’oppose Sergi Lopez, l’ancien taulard au physique de brute mais tendre et aimant. Evidemment, la liaison commence. Evidemment, les choses se compliquent.

Malgré le schéma classique du « tu ne partiras pas, tu n’auras rien », elle part quand même, les enfants s’en mêlent, on se bat dans les couloirs de la belle maison hollywoodienne.
Ou quand pour survivre après avoir quitté une vie (très) confortable, elle en est réduite à vendre ses bijoux dans une station service pour payer quelques litres d’essence. Sordide…

«Partir» est l’histoire d’une rupture, en pire. Pourquoi «en pire», parce que en plus de ne plus s’aimer, on arrive à se haïr. Il est sans doute illusoire de prôner la «rupture propre», celle où deux adultes parviennent à surmonter leurs aigreurs pour terminer leur histoire sans tomber dans l’odieux. Mais il ne s’agit pas que de partager la maison, les tasses à café, la moitié de la voiture ou le tableau du salon. Suzanne réclame la moitié de sa vie. Celle de la mère de famille qui a élevé ses deux loupiots, qui n’a jamais manqué un match de tennis, qui a accompagné son médecin de mari tout au long de sa carrière. «Parce que je pars, je n’aurais droit à rien ?». Alors oui, elle part, comme elle est venue, sans rien. Kristin Scott-Thomas est à la fois désespérée et magnifique. Au bout de quelques temps, devant un chantage redoutablement bien mené par un Yvan Attal parfait (dont je ne sais toujours pas s’il veut récupérer la femme qu’il aime ou s’il est vexé de l’avoir perdue au profit du «mec qui bosse au noir»), elle n’a d’autre choix que de revenir, pour que le drame s’achève.

«Partir», pourquoi pas ? Sans rien, pour un homme ou pour personne, juste parce qu’on ne s’y retrouve plus dans un quotidien qui ressemble si peu à la vie qu’on essayait de construire. Le plus difficile n’est pas de partir, mais de recommencer à partir de rien. Heureusement, tout est souvent possible et cette nouvelle vie chèrement gagnée peut être une véritable récompense. Dans le cas de Suzanne, partir oui, revenir hélas, mais souffrir une fois de trop…

Ecrans & toiles

Un mariage de rêve, pourquoi pas ?

En cinéphage assumée, je ne peux passer un week-end sans – au moins – une séance de cinéma. C’est au hasard d’une bande-annonce, aperçue entre une publicité pour un soda nouvellement light et celle d’un forfait de téléphonie mobile qui promet de « shaker sa life », que j’ai découvert Mariage de rêve.

Un titre quelque peu romantico-gnangnan, un extrait qui nous promet une Kristin Scott-Thomas dans un rôle de mégère peu apprivoisée, le programme est séduisant.

Le pitch : l’héritier d’une vieille famille anglaise se prend de passion pour une aventurière américaine, pilote au Grand Prix de Monaco, avant de l’épouser et de la ramener au cottage familial.

On n’évite pas les clichés des acidités verbales entre bru et belle mère, les hésitations du rejeton John Whittaker fils, les gloussements horripilants des cadettes, partagées entre admiration pour la magnifique Jessica Biel et jalousie consommée. Il ne manque aucun des ingrédients attendus dans une comédie à l’anglaise. Oui mais…

Au milieu de ce microcosme féminin, survit péniblement un personnage qui semble perdu dans sa propre famille. Colin Firth (compagnon courageux de Bridget Jones, amoureux de Meryl Streep dans Mamma Mia ou encore père éploré dans Un été italien), beau père de « celle par qui le scandale arrive », supporte avec héroïsme les crises d’hystérie en tous genres.

Deux scènes, très différentes, justifient à elles seules d’aller voir le film.

Soucieuse de se faire accepter par la bonne société, Larita accepte de se joindre à la chasse à courre annuelle organisée par la famille. Au milieu de la meute et des chevaux, elle surgit sur un équipage aussi rapide qu’inefficace pour attraper le gibier. Je n’en dirai pas plus, la scène est jubilatoire…

Enfin, comme chaque année, un bal est donné à Noël mais cette fois pour donner le change quant à la ruine qui guette et que personne ne doit soupçonner (conventions quand vous nous gouvernez…). Larita, rejetée par son époux qui se dit qu’après tout l’amie d’enfance fortunée aurait sans doute été une meilleure option, entre dans la salle de bal, pour l’occasion transformée en fosse aux lions. Elle ne doit son salut qu’à l’intervention de Mr Whittaker père avec qui elle danse un tango simplement sublime.

La fin est elle aussi sans surprise mais qu’importe.
Jessica Biel est divine, Kristin Scott-Thomas parfaite et Colin Firth séducteur à souhait.
La bande originale est légère et propose des reprises surprenantes dont Sex bomb de Tom Jones, tout à fait décalée.

Pourquoi se priver d’un bon moment de cinéma ?